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SAINTE BRIGITTE.
Puis les récits qu’on faisait à la princesse sur l’aus-
tère vertu de la sénéchale, et les faveurs célestes
dont elle était l’objet, excitaient sa curiosité d’enfant.
N’affirmait-on pas que les toilettes de la grande
maîtresse du palais, en tout conformes aux devoirs
de sa charge, couvraient un rude cilice ? Ne disait-on
pas que ce corps frêle et gracieux résistaitaux veilles,
aux jeûnes, et qu’il portaitla trace de sanglantes
disciplines ? N’observait-on pas que si cette jolie
bouche avait proféré une parole de médisance ou
d'orgueil, elle se punissait en broyant durant la
journée entière des tiges amères de gentiane ? Ne
savait-on pas que Dieu permettait à Brigitte de
percevoir par l'odorat la corruption des pécheurs* ?
Enfin ces visions, que tous racontaient, fallait-il
les croire ? Et les miracles? Avait-elle sauvé le
sénéchal des eaux du Boren? Devait-elle sa vie et
celle de sa petite Cécile à l’intervention surnaturelle
de la très sainte Vierge ? L'heure n’était pas venue
où Dieu entendait que la cour de Stockholm connût
la sainteté de sa servante; mais il permit à Blanche
de s'assurer que les yeux de Brigitte, fixés sur elle
l'inventaire des richesses contenues dans la maison de Brigitte à Rome,
on y inscrivit une ceinture d’argent qu’elle avait portée. Cfr Den
svenska Kolonien i Rom under medeltiden af E. Hilde-
brand. Hist. tidskrift 2, 1882 231.
1. Proc. Can. Dep., P. de Alv. sup. 36° art. f. 227 r. L'action du péché
sur la création est parfois sensiblement percue par des êtres très purs.
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