132 LE BRIQUET.
dit le soldat, mais je désirerais tant, ne fut ce qu’une
minute, voir la princesse!
À peine avait-il prononcé ces paroles que le
chien était dehors, et avant que cela parut possible,
il était de retour, la princesse endormie sur son dos,
Elle était si belle qu’on voyait bien tout de suite
qu’elle ne pouvait qu'être une princesse. Aussi
notre soldat ne pût il s’empécher de la baiser et de
la rebaiser — que voulez vous — c’était un soldat,
corps et âme!
Le chien remporta la belle princesse au château.
Le lendemain matin en déjeunant elle raconta à ses
parents qu’elle avait fait un drôle de rève cette der-
nière nuit; il lui avait semblé qu’elle était à cheval
sur un chien et qu’un soldat Pavait embrassée.
Ce serait joli! dit la reine, et elle ordonna
qu’une dame d'honneur veillat toute la nuit suivante
au pied du lit de la princesse, afin de voir un peu
te que signifiaient ces beaux rèves là,
Cette même nuit le soldat eut une envie démé-
surèe de revoir la belle princesse du château de mé-
tal. Le chien fut donc encore expédié et la rap-
porta sur le dos comme la première fois. Mais la
vieille dame d'honneur, qui avait de lesprit, mit vite
ses bottines à double semelles et se précipita à leur
poursuite. En les voyant entrer dans la maison du
soldat: bon! se dit-elle, je sais où ils sont! et elle
fit une croix en craie à la porte de la maison, puis
elle rentra au château et se coucha tranquilement,
Mais le chien, en ressortant de chez le soldat avec